Il y a une question qui dérange, que beaucoup préfèrent esquiver mais que Désiré Nzibonera B. et Enock Matabaro ont eu le courage de poser frontalement : comment un pays aussi riche que la République Démocratique du Congo peut-il rester aussi pauvre ?
C'est précisément l'objet du livre qu'ils viennent de publier aux Éditions Universitaires de l'Afrique Centrale : Le paradoxe congolais — Comment des institutions faibles emprisonnent une nation riche dans la pauvreté.
Un diagnostic lucide, sans complaisance
La RDC recèle près de 24 000 milliards de dollars de ressources minières identifiées. Elle dispose de fleuves, de forêts, de terres arables parmi les plus fertiles du monde. Et pourtant, des millions de ses citoyens vivent avec moins de deux dollars par jour.
Ce paradoxe — richesse des sous-sols, pauvreté des ménages — est au cœur de la réflexion des deux auteurs. Leur thèse est à la fois simple et puissante : ce n'est pas l'absence de ressources qui explique le sous-développement congolais, c'est l'absence d'institutions capables de les transformer en bien-être collectif.
En économie du développement, on parle de la « malédiction des ressources naturelles » — ce phénomène bien documenté où l'abondance de matières premières s'accompagne, paradoxalement, de conflits, de corruption et de stagnation économique. Les auteurs s'inscrivent dans ce débat international tout en ancrant leur analyse dans la réalité congolaise, avec ses acteurs, ses dynamiques historiques et ses contradictions propres.
Deux voix complémentaires, une même conviction
Ce livre est le fruit d'une collaboration entre deux chercheurs aux profils complémentaires.
Désiré Nzibonera B. est docteur en économie du développement et en management stratégique. Recteur de l'UDDAC, il est également directeur national du CEDIMES RDC et chercheur associé au réseau CEDIMES France. Il apporte à cet ouvrage une vision macroéconomique et institutionnelle rigoureuse.
Enock Matabaro, économiste rural et expert en suivi-évaluation, est spécialisé dans l'analyse des marchés, les chaînes de valeur agricoles et l'évaluation d'impact. Son expérience terrain auprès d'organisations internationales ancre le livre dans des réalités concrètes, loin des abstractions.
Ensemble, ils offrent un regard à double focale : la grande théorie et le terrain vécu.
Ce que ce livre n'est pas
Le paradoxe congolais n'est pas un énième réquisitoire contre la colonisation ou un catalogue de lamentations. Il ne se contente pas non plus d'exposer le problème.
C'est un livre d'espoir — un espoir lucide, exigeant, fondé sur la conviction que le changement est possible si l'on s'attaque aux vraies causes : la faiblesse des institutions, le déficit de gouvernance, l'absence de mécanismes robustes de redistribution et de contrôle.
Pour qui est ce livre ?
Cet ouvrage s'adresse à plusieurs publics :
- Chercheurs et étudiants en économie du développement, sciences politiques et gouvernance africaine — une synthèse théorique solide nourrie de cas concrets.
- Décideurs et acteurs publics en quête de grilles de lecture pour comprendre les blocages institutionnels et envisager des réformes.
- Organisations internationales et ONG intervenant en RDC ou dans la région des Grands Lacs.
- Tout lecteur curieux qui cherche à comprendre pourquoi l'Afrique centrale peine à traduire ses ressources en développement humain.
Un livre publié aux Éditions UAC
Les Éditions Universitaires de l'Afrique Centrale ont accompagné ce projet depuis la soumission du manuscrit jusqu'à sa mise en page finale. Fondées en 2025 à Bukavu (RDC) et rattachées à l'UDDAC, les Éditions UAC ont pour mission de valoriser la recherche africaine avec rigueur, impact et visibilité internationale.
Le paradoxe congolais est exactement le type d'ouvrage que cette maison d'édition entend porter : un travail scientifique sérieux, écrit pour être compris, et publié pour faire avancer le débat.